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La Maison de Blanche-Neige à Sucé-sur-Erdre de Fernand Bielle-Bidallot
Sorties et Loisirs Par Nantes Odyssey

La Maison de Blanche-Neige à Sucé-sur-Erdre de Fernand Bielle-Bidallot

Des dizaines de nains de jardin, un château de conte planté sur 55 ruelle Tassin, 44240 SUCE-SUR-ERDRE, des nichoirs peints à la main dans chaque recoin. Pendant plus de trente ans, Fernand Bielle-Bidallot a transformé sa propriété de la ruelle Tassin, à Sucé-sur-Erdre, en un véritable monde à part. Ce bâtisseur atypique, ancien compagnon du tour de France, est décédé en mai dernier à l’âge de 93 ans. Il laisse derrière lui une demeure surnommée « la maison de Blanche-Neige » par les habitants du coin, dont l’avenir était au cœur des espoirs locaux jusqu’à un récent rebondissement.

Le grand œuvre d’un bâtisseur passionné par sa terre

Fernand Bielle-Bidallot n’était pas seulement le propriétaire des lieux ; il en était l’âme et l’unique ouvrier. Depuis 1994, il n’a cessé d’embellir son terrain de 5 000 m² bordant la rivière. Originaire de Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, il puisait son inspiration dans les paysages de son enfance pour façonner cette chaumière rustique et son jardin extraordinaire.

Au fil des années, le site s’est paré de chalets, de clochers, de moulins et de châteaux miniatures. Si le surnom de « maison de Blanche-Neige » s’est imposé dans l’esprit des Sucéens, le créateur revendiquait avant tout l’hommage à sa terre natale. « Ce sont les habitants du coin qui lui ont choisi ce nom. Il a fini par s’imposer parce que cela correspond bien à l’esprit du lieu », glissait-on dans son entourage. Loin des nains de Disney, la propriété abrite surtout une cinquantaine d’espèces d’oiseaux, protégés par des nichoirs fabriqués avec la précision d’un compagnon du devoir.

Un changement de dernière minute qui bouscule l’avenir du site

En 2019, après le décès de son épouse Josiane, Fernand Bielle-Bidallot avait annoncé une intention claire : léguer sa propriété à la commune de Sucé-sur-Erdre. L’objectif était de soustraire ces 5 000 m² de terrain, idéalement placés en bordure d’Erdre, aux convoitises des promoteurs immobiliers. Il souhaitait que ce jardin devienne un espace public.

Mais le maire de la commune, Julien Le Métayer, a récemment découvert un retournement de situation. Fernand Bielle-Bidallot a modifié son testament un an et demi avant sa disparition. La propriété ne revient finalement pas à la municipalité, mais à sa fille unique. Un changement de dernière minute qui a surpris les élus, même si ces derniers tempèrent leur déception. « Rendre ce lieu accessible au public, avec toutes les normes qu’il faut, était de toute façon impossible », explique le premier édile. La mise aux normes pour les personnes à mobilité réduite et un entretien estimé à 60 000 euros par an auraient pesé lourdement sur les finances locales.

Le sanctuaire de la ruelle Tassin restera une propriété privée

La maison de Blanche-Neige ne sera donc jamais un lieu public. Elle reste une propriété privée, ce qu’elle a toujours été, bien que les passants puissent encore admirer l’ensemble depuis la ruelle Tassin. Ce périmètre ne risque pas de se transformer en lotissement car la zone est classée « N » (zone naturelle) dans le Plan local d’urbanisme. « Même si la maison était détruite, il ne serait pas possible de reconstruire quoi que ce soit à cet endroit », précise le maire de Sucé-sur-Erdre.

L’œuvre de Fernand Bielle-Bidallot restera ainsi, pour l’heure, une œuvre protégée par son statut foncier, mais fermée aux visiteurs. Une manière, peut-être, de préserver le calme des nichoirs et la tranquillité de ce jardin singulier où, le temps d’un regard depuis la rue, l’imaginaire d’un bâtisseur pyrénéen continue de flotter au-dessus de l’Erdre.